samedi 31 juillet 2021

Activités collectives en CHRS

 


 Activités collectives en CHRS

 

Nous savons, du point de vue génétique, que l’action précède la pensée. Nous avons vu aussi que dans la démarche éducative chez le tout petit (D. Beaudroit R. Michit 2020) comme dans les démarches de rééducation propres à l’éducation spécialisée (jeunes et adultes), l’action précède la pensée (R. Michit 2017). Aristote[1] l’avait déjà intuité, et M. Blondel (1893, 1966), J. Piaget[2] l’ont montré.

Nous pouvons, aujourd’hui, aller encore plus loin dans cette perspective, parce que nous avons démontré que l’action construit les compétences à acquérir lorsqu’elle fait l’objet d’une relecture avec pour objectif l’explicitation des micro processus décisionnels (Michit H et R 1998, et Michit R. 2020).

Dans le cadre de l’éducation en CHRS la vie quotidienne des hébergés est le lieu et le temps naturel pour travailler avec les acteur(trice)s leurs expériences de vie. Elles seront relues, dans l’après coup ; dans le but de renforcer la conscience de soi d’être acteur de sa vie et de renforcer, ainsi, les capacités à prendre les décisions plus ajustées pour adapter ses comportements à leurs conditions de la vie sociale.

Dans le but de stimuler les personnes et leur faire faire des découvertes différentes, proposer des activités collectives en petit groupe est l’occasion de combiner plusieurs aspects de l’accompagnement rééducatif.

Proposer une activité à thème (cuisine, couture, écriture, marches, visites, échanges sur des sujets importants, lectures, films etc.) donne un objectif. Ce dernier stimule la créativité ou la mise en action que l’hébergé n’aurait pas eu seul. Il est ainsi invité à entrer dans des expériences qu’il peut ne jamais avoir faites. Ces temps sont donc très puissants pour apporter des terrains expériences riches en renforcement de compétences.

Comme elles sont réalisées en présence de l’accompagnement, elle procure un autre intérêt sur le plan éducatif. En effet, dans le temps d’activité, l’accompagnant peut percevoir et observer des actions, des attitudes, des phénomènes que l’acteur ne perçoit pas tout seul. Il s’en suit comme il n’est pas en mesure de les voir en les faisant, qu’il ne peut pas les raconter dans la relecture de la séquences des actions qui serait faite après coup. En effet, il, elle, les a faites sans s’en rendre compte. De ce fait, soit l’accompagnant présent peut effectuer une relecture des actions en train de se faire par des questions interrogeant ce qui est en train de se faire. Ce faisant, il permet de faire découvrir des actions qui ne pourraient pas l’être par un entretien d’explicitation réalisé après l’action.

Cette découverte n’est pas sujette à la création d’une réponse défensive de justification (« ce n’est pas ma faute » … « c’est parce que les conditions ne sont pas bonnes » etc…) ou à de la culpabilité car la technique de relecture ne critique pas l’action. Elle demande simplement : « est-ce que vous pouvez me dire ce que vous êtes en train de faire. ? Cette question ramène le sujet dans la représentation de ce qu’il fait alors qu’il ne se voit pas en train de faire. La question l’aide à faire un arrêt sur image. Ainsi il devient possible de reprendre le geste ou l’action sur le moment non pour critiquer son auteur(trice) mais pour la faire découvrir. Ainsi, l’acteur se rend compte par lui-même de l’ajustement ou de l’écart entre l’objectif à réaliser et le moyen mis en œuvre pour l’atteindre.

Soit, il est aussi possible, dans le moment de l’action, de l’arrêter juste pour demander à la personne ce qu’elle a pris en compte pour faire un geste ou une part de l’activité. Ce travail de représentation construit la prise de conscience des éléments pris en compte qui permettent ou pas de réaliser l’action de façon ajustée.

Mais il y a un autre intérêt de la présence de l’accompagnant dans l’activité. Il concerne la relecture des événements qui serait réalisée dans l’après coup de l’activité. Comme l’activité a été faite et vécue avec l’accompagnant, ce dernier dans cette relecture d’explicitation peut revenir sur des moments de l’activité qui ont été oubliés. Il peut prêter sa parole pour rappeler le cours des événements et ainsi remettre la personne dans des moments d’actions qui l’aide à voir les phénomènes ou les événement oubliés. Passés, ils disparaissent de la mémoire. Or, très souvent les moments oubliés sont des moments où les gestes ont été appropriés. Si bien que la compétence - qui se fortifie essentiellement par la relecture des compétences acquises pour les renforcer par la représentation des éléments pris en compte pour les réussir-, ne capitalise pas sur les acquis. Ils se perdent dans la somme des événements insignifiants vécus.

Nous savons que le travail de représentation contribue à renforcer la capacité de représentation de soi. Il renforce donc la fierté et la confiance en soi.

Mais en plus, nous avons établi que l’explicitation des micro processus décisionnels est le moyen d’accroitre l’ajustement des capacités à vivre par la représentation de la prise en compte les événements qui se déroulent et des éléments qui sont perçus au moment des actions que l’activité suscite.

L’activité réalisée en groupe avec l’accompagnant présente un troisième intérêt. En effet, faire en groupe, une activité sans enjeu de concurrence entre les participants, produit une émulation par le groupe avec une possibilité d’échanger entre pairs[3]. La présence du responsable d’atelier permet de renforcer cette « pair aidance » par la relecture des événements de solidarité et par la stimulation et l’accompagnement de l’entraide, afin que celle-ci ne soit le temps où un participant déploie et se présente comme un sachant mieux que les autres en prenant une place d’expert au lieu de prendre celle d’aidant et de partage des compétences. 

 

 

Bibliographie

Blondel, (M), (1893), L'action, Paris, Presse universitaire de France.

Blondel, M. (1966 ) Itinéraire philosophique Paris , Editions Montaigne Aubier-Montaigne

Michit R. (2017) L’action précède la pensée délibértive, blog ACO www.academielabodecision.eu

Michit (2020) les puissants effets de l’explicitation blog ACO www.academielabodecision.eu



[1] Dans l’éthique à Nicomaque en particulier

[2][2][2] Texte « devenir mental et permanence normative » dans fondation J. Piaget

[3] Dossier 2021 « La pair aidance véritable levier d’autodétermination à l’heure de l’inclusion » Cahier de l’actif N° 538-539

mercredi 14 juillet 2021

Impressionnant la clinique de l’action

 


Une cycliste sportive de haut niveau après une chute sur une route verglacée, n’est plus en mesure de descendre sans avoir un blocage dans les descentes ; elle freine tout le temps et descends très lentement. Le plus difficile se trouve être la négociation des virages à droite. Elle m’est envoyé par don président de club.

En 6 rencontres hebdomadaires de moins de 30 minutes et donc 6 semaines après, elle m’annonce qu’elle a retrouvé son niveau d’avant la chute et recommence à prendre du plaisir dans les descentes.

Comment cela a-t-il été possible ? 

Par la clinique de l’action !

Le pratique de la clinique de l’action est une approche de coaching mais aussi thérapeutique et éducative. Elle agit aussi bien auprès, des employés ou managers en entreprise, des adultes dans un environnement privé (parents et couples) ou des jeunes en échec relationnel ou scolaire pour la gestion de leur situation complexe.  

Avec la sportive, au demeurant excellente grimpeuse, j’ai demandé à chaque rencontre de me raconter les actions qu’elle avait prises lors de sa dernière sortie en vélo et en particulier lors de la dernière descente effectuée.

Après un récit assez circonstancié, dès la deuxième et troisième rencontre, je lui demandais de m’énoncer toutes les décisions qu’elle avait prises quand elle avait réalisé des virages à gauche, dans lesquels elle freinait peu et n’avait pas de stress. Elle le fait avec précision en se revoyant faire. Puis je lui demande celles prises dans les virages à droite. Elle le fit tout aussi méticuleusement et découvre les différences. Elle prend alors conscience des éléments qu’elle prend en compte dans ces différents moments. Cette prise de consciente aura un effet sur les décisions prises dans les prochaines descentes sans passer par la raison elle prendra en compte spontanément des éléments de la réalité pour négocier les trajectoires sans craintes handicapante.

Ainsi, sans aucun conseil de ma part, sauf la première fois celui de chanter quand elle prend son vélo pour dégager l’esprit du trop grand stress, elle découvre par la relecture minutieuse des temps d’action et met en application lors des entrainements suivant, les éléments pris en compte et agi dans les virages à gauche qu’elle transfère spontanément sur ceux de droite.

Et le résultat est acquis dès la sixième rencontre dans la descente de l’Izoard faite « avec plaisir » !!!! après celle du Galibier réalisée dans la même journée.

Cette clinique porte les mêmes fruits pour la sortie d’un burnout, ou la gestion du stress, tout comme pour récupérer des relations très conflictuelles dans une équipe  ou pour retrouver la puissance de vie en présence de problèmes insurmontables, mais aussi  pour la rééducation des enfants ou des adolescents aux comportements difficiles voire très problématiques, et enfin pour récupérer une relation dans un couple en dérive.

Faites part à vos amis de cette approche, cela serait trop triste de rester dans la souffrance et l’échec de vie en ne profitant pas des extraordinaires effets de cette clinique peu connue.

mercredi 10 mars 2021

thése Ph.D. en gestion de la santé Auteur : Ioséb Pirvel

                                                                                                                                           i

                                                                                                                      

Principes de gestion du personnel médical dans la gestion de la santé

Dans une économie de marché, l'une des principales conditions de l’efficacité de toutes organisations est l’existence de politiques du personnel. Une organisation dont la direction réagit plus rapidement à la conjoncture du marché face à la concurrence, à ses besoins , dont la place centrale occupe le personnel de l'établissement.

Une nouvelle approche de la théorie de la gestion des ressources humaines sur le problème du développement du personnel est le point principal de tout le système ainsi que la stratégie de toute organisation. Son développement est lié aux transformations démocratiques en Occident. La théorie de la gestion a révélé que le meilleur facteur pour obtenir des résultats de haute performance est un bon climat de travail, parce que pour les organisations  les employés sont plus importants avec ses besoins et intérêts.

La gestion des ressources humaines comprend d'activités visant à améliorer l'efficacité et la qualité des opérations d'une organisation. La gestion des ressources humaines comprend des domaines tels que: la planification des ressources humaines, le recrutement, le développement et l'évaluation du personnel, la rémunération, l'établissement d'une relation d'affaires avec les employés.

Lors de la planification des ressources humaines on prendre en compte de la demande et de l'emploi du personnel. Il est basé sur l'analyse des activités futures, qui devrait décrire les travaux prévus et leurs spécifications.

Bien sûr, la principale force dans le domaine est le médecin et l'infirmière, mais il est impossible de négliger l'importance des ambulanciers paramédicaux et autres personnels de soutien.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, un médecin est une personne qui a obtenu son diplôme avec succès dans une institution médicale reconnue au niveau national, qui a étudié le programme d'études et a reçu des qualifications qui lui donnent droit à une pratique médicale indépendante (y compris des travaux de prévention, de diagnostic curatif et de réadaptation).

Une infirmière est une personne qui a terminé avec succès une école de médecine secondaire ou supérieure reconnue par le gouvernement du pays (aujourd'hui l'enseignement supérieur dans de nombreux pays), qui a étudié le programme d'études et a reçu des qualifications qui lui donnent droit à des soins infirmiers indépendants. L'infirmière devra mettre en œuvre des mesures pour prévenir, diagnostiquer, traiter, réhabiliter et soigner correctement le patient. Le personnel technique du système de santé est représenté par plus de 150 spécialistes, qui fournissent des services de gestion, économiques, financiers, juridiques, logiciels, d'ingénierie, de transport et autres types de services appropriés.

 Personnel spécialisé qui peut également participer de manière indépendante ou avec le personnel médical au traitement des activités de diagnostic et de réadaptation (psychologues, sociologues, pharmaciens, etc.)

La profession médicale a de profondes racines historiques. Dans l'Égypte ancienne, à Babylone, en Chine, en Inde, il y a 4-5 000 ans, on avait des écoles  de médecine spéciales où les médecins sont formés. Le niveau de développement spécial a obtenu la médecine grecque et romaine antique , ou ils formaient comme médecin dans les temples et dans les écoles spéciales. Seuls les représentants de la dynastie médicale ont été autorisés à étudier. Les écoles de médecine les plus célèbres de ce type en Grèce étaient les écoles de Milet, Knidis et Knossus (Le représentant de ce dernier était Hippocrate). Dans l'Europe médiévale, l'enseignement des médecins s'est progressivement déplacé vers les universités.

Cependant dans les mondes chrétien et musulman, la profession médicale était considérée comme un métier. Seulement au XVIIIe siècle a été introduit un cours spécial de chirurgie  dans les universités européennes. À cet égard, ceux qui n'avaient pas une formation universitaire appropriée (par exemple les bouchers) n'avait pas  de droit des opérations chirurgicales. À la fin du 19e siècle, les sages femmes ont été chargées du travail obstétrique. L'assistance du médecin à l'accouchement se limitait à la chirurgie. Seulement depuis les années quatre-vingt du XIXe siècle  le processus de spécialisation des gynécologues a commencé.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, le développement rapide de la médecine a élargi le champ de la profession médicale, d'une part, l'intégration des connaissances de nombreux domaines scientifiques dans une spécialité et, d'autre part, la formation de spécialités très étroites. Par exemple, la chirurgie est divisée en plus de 20 sous-spécialités différentes. De plus, l'introduction d'un système de convoyeur en médecine (en particulier dans les grandes cliniques aux États-Unis, en Europe) permet aux cardiologues hautement qualifiés d'effectuer jusqu'à 10 opérations complexes par jour (plus précisément, les étapes les plus complexes et les plus difficiles de l'opération). Le processus de guérison a tellement changé qu'il peut être librement qualifié de production médicale.

Les soins infirmiers ont subi la même transformation. Si un médecin avait besoin d'une aide pour effectuer une sorte de manipulation pour assurer les soins du patient, ces dernières années, la profession infirmière demande de plus en plus l'indépendance, de compétences et de connaissances pratiques.

Les systèmes de santé  et les services fournis à la population sont étroitement liés au nombre de membres du personnel travaillant dans le réseau, à leur formation et à leur entretien. Selon un appel de 2006 de l'Organisation mondiale de la santé "La formation de personnel qualifié et leur utilisation  pour combattre la maladie est le principal objectif de la politique de santé".

Le rôle de la gestion de la santé dans la gestion du personnel médical est important, il comprend des domaines tels que:  la planification des ressources humaines, le recrutement du personnel, le développement et l'évaluation du personnel, la rémunération, l'établissement d'une relation d'affaires avec les employés.

Sur la base de ce qui précède, le responsable de santé qui gère le personnel médical comprend les étapes suivantes:

-          La planification des ressources du travail, ce qui comprend l'élaboration d'un plan pour répondre à la demande future de personnel;

-          Recruter de nouveaux employés, fournir une réserve pour un poste particulier;

-          Sélectionner des candidats, qui peut se faire soit en invitant de nouveaux candidats, soit en utilisant les réserves existantes;

-          Détermination des salaires et avantages sociaux;

-          Orientation professionnelle, adaptation, formation du personnel;

-          Évaluation des employés;

-          Etude et évaluation de l'offre et de la demande de soins médicaux;

-          Améliorer la planification, le financement et les mécanismes de contrôle du système de santé

-          Il est nécessaire de déterminer le coût des soins médicaux pour de calculer le coût de la protection de la santé de la population;

-          Combien cela coûte-t-il d'appliquer à une polyclinique,  de consulter un médecin à domicile, examen en laboratoire, etc.

-          Évaluer et analyser l'efficacité économique des services de santé entre volume et qualité.

-          La croissance économique des soins de santé est possible grâce à l'utilisation des ressources matérielles et financières du personnel médical, ce qui possède l'utilisation rationnelle du personnel médical;

 

La littérature utilisée:

1.      About everything and notning. Herr Blumgardt’s Blog. Rati Choubladzé. 1: 08 pm October 7, 2010

2.      Future journalist’s blog. Lasha Kavtaradze’s Blog. Posted on December 2, 2011.

3.      l'assurance de politique et de la santé. Revue scientifique ; lecture ISSN 2346-7983 Tengiz Verulava, David Tsivtsivadze.

4.      Health Rights www. HealthRights. ge , Droits de l'homme dans les soins aux patients 31. juil. 2011/7

5.      Santé publique et gestion; O. Gerzmava , Tbilisi 2008

6.      Un système d'information intégré est important pour des soins de santé. Stella Bivoli. 11/09/2015. Portail de la santé. Jandacva.ge

7.      Rapport d'évaluation du système de santé.  Tbilissi janvier 2013. Ministère de la santé et des affaires sociales de Géorgie.

8.      Gestion pratique  de service de santé 2002. Valerie Ailes.

9.      Économie de la santé et assurance. H. Verulava. École de santé de l'Université de Géorgie. Tbilissi 2009

10. Annual report 2005. Tallinn, Estonian Health Insurance Fund, 2005.

11. Aqselson Suzan, Setting Prioritets in Health care, Tacis, 2003

12.  Sheiman I.M. Économie de la santé, Moscou, TEIS, 2001.

mercredi 8 avril 2020

Les puissants effets de l’explicitation


Dernières expériences :

L’explicitation créerait des connexions pour prendre des décisions conscientes sans avoir besoin de passer par le raisonnement.

Cette découverte a des conséquences capitales

Pour le management des collaborateurs

Pour la rééducation des enfants aux comportements complexes en très grande résistance à l’autorité et à l’intégration des règles pour la vie en groupe

Pour le coaching des sportifs, des artistes, des étudiants

Lors du coaching de sportifs de haut niveau comme dans l’accompagnement des personnes (enfants et adultes) en difficulté d’insertion sociale, et des adultes en responsabilité de personnes, les dernières observations montrent les effets puissants de la relecture des séquences d’actions réalisée avec « l’explicitation des micros processus décisionnels » : d’une part dans le cas des personnes en apprentissage pour intégrer rapidement la prise en compte de perceptions pour ajuster les comportements/actions, d’autre part, dans les situations d’adultes en responsabilité pour accéder, en même temps, à trois voire quatre niveaux de traitement des informations reçue et à transmettre.

Lorsqu’une personne décrit avec précision, les perceptions qu’elle ressent

dans l’exécution d’un mouvement ou lors de prises de décision dans l’immédiateté du temps de l’action,

nous avons observé que le fait de raconter les perceptions et leur mise en lien

soit avec le mouvement qui est ou n’est pas perçu comme ajusté dans le temps de l’action, soit avec la traduction du message à transmettre dans la situation d’un interprète (exemple d’adulte en responsabilité),  

crée en quelques relectures  un lien direct

entre la perception ressentie par le système sensoriel

et la décision-action à prendre pour modifier le geste ou l’action dans l’immédiateté du temps.

On découvre donc que le seul fait de raconter

des mouvements ou des actions réalisées et les perceptions ressenties dans le moment

établit

d’une part, une prise de conscience plus rapide de l’apparition de la perception au moment de l’action

d’autre part, sa prise en compte pour modifier le cours des actions suivantes,

en en ayant conscience mais sans prendre la décision par le raisonnement.

L’action relève de la décision prise, elle n’est pas un réflexe puisque son auteur se voit et se sent la prendre

Cependant elle est prise à un niveau de conscience et d’action qui ne convoque pas ou ne relève pas du rationnel. Dans l’état de présence à soi dans l’action, les niveaux de conscience voient l’action-décision et peuvent la rectifier mais ils laissent libre le niveau de traitement rationnel des événements qui peut ou pas prendre une autre décision.

Le niveau des "décisions-actions" alors n’est pas contraignant[1],

Le raisonnement peut reprendre la direction des opérations quand c’est nécessaire.

1.       L’observation fondatrice.

Lors de l’explicitation des événements advenus au cours de la première vision de la vidéo du gorille[2], il apparait à l’interviewé qu’à un moment du déroulement de la vidéo, il a eu la perception d’une sensation au niveau du plexus qu’il n’a pas traitée sur le moment où elle apparaît, puisqu’il était pris par l’objectif de compter les passes entre les joueurs. En effet l’objectif fixé au spectateur de compter les passes que se font les joueurs empêche de prendre en compte cette perception (effet tunnel), et c’est l’objectif que cette vidéo montre et qu’elle fait avec efficacité.

Le résultat de ce moment d’explicitation réveille la curiosité : comment comprendre ce qui se passe au moment où le gorille empêche de voir les passes ?  L’analyse met en évidence que ce processus de ce déplacement vers une sensorialité corporelle apparaît lorsqu’il existe un combat dans le cerveau entre le niveau de traitement des informations reçues et le niveau qui poursuit un objectif précis. Ce combat ici révèle que deux niveaux de traitement sont présents dans le même temps et cela de façon totalement implicite et sans accès direct à la conscience du moment. Et l’expérience explicitée dans l’après coup de la séquence des actions montre  que lorsque la partie qui traite l’information de l’empêchement de suivre l’objectif n’est pas « écouté » par la conscience de l’acteur et que celui-ci agit en continuant obstinément à atteindre l’objectif reçu qu’il ne peut pas atteindre, alors, en désespoir de cause,  le cerveau transforme ce conflit perdu en un phénomène psychosomatique de déplacement en passant par un autre moyen pouvant faire accéder la prise de conscience de l’échec de l’obstination. Ce moyen n’ayant pas fonctionné, l’acteur ne peut pas atteindre son objectif pleinement. De plus il ne s’aperçoit pas de la réalité des événements, car il n’a pas pu prendre en compte le déplacement de lien entre l’effet du déplacement et le signe perceptif qu’il tentait d’envoyer. Toutefois une partie de son organisme la prise en compte et la gardé en mémoire sans conscience. Cette perception ressentie n’a, sur le moment, pas été le moyen de passer à la conscience de l’acteur et disparaitra comme une expérience significative à recevoir comme un enseignement. Cette expérience a été reproduite des centaines et voire des milliers de fois puisqu’elle est accessible sur le Net. Comme elle atteint efficacement son objectif aucun formateur ne s’est intéressé à ce qui se passait au moment où le cerveau ne peut pas atteindre son objectif.  L’explicitation de l’événement met en évidence que la conscience du corps peut être récupérée et donne à celui qui la récupère le pouvoir de ne plus éliminer une perception résultante d’un combat entre différent niveaux de traitement du cerveau.

L’explicitation de la séquence d’actions a fait prendre conscience de la perception corporelle que ce spectateur-là a reçue. Comme il est en mesure de la rappeler, cela manifeste que son corps et son cerveau l’ont encore en mémoire immédiatement après l’expérience vécue. Mais comme dans le feu de l’action, elle a été éliminée alors qu’elle lui donnait l’information qu’il fallait arrêter de poursuivre l’objectif de comptage devenu impossible à cause de la présence du gorille au milieu de la scène, cette information était donc bien perçue par un niveau de prise d’information mais éliminée par le niveau déterminé par l’objectif à atteindre.

Non seulement l’explicitation des perceptions de ce moment fait réapparaitre à la conscience une mémoire enfouie d’un phénomène perçu mais éliminé pour une part seulement car il y a déplacement somatique, mais aussi, et cela est capital, elle a produit une sensibilité accrue à ce type de perceptions dans les moments d’action. Avant le travail d’explicitation, la perception était sentie mais pas suffisamment longtemps car le principe d’inhibition l’élimine de la prise de conscience. Après l’explicitation, ces perceptions sont devenues conscientes et immédiatement reliées à leur prise en compte.



Renforcement du résultat lors de coachings.

Dans le cas d’un suivi d’un danseur apprenant, dont la tête regardait le sol ayant pour conséquence une danse non fluide, la démarche a suivi plusieurs étapes :

·       la décision rationnelle de prendre en compte la tête plus souvent. Cette décision délibérée lui fait apparaître sa tête, de temps en temps, dans une position inopportune. Après deux explicitations, de ces moments,  en se concentrant un moment sur les éléments qu’il percevait lorsqu’il en était conscient, il découvre que sa tête baissée lui procurait une tension au niveau du coup et des épaules. Cette conscience n’était pas perçue consciemment sur le moment, Ces tensions lui apparaissent à la relecture…

·       Dans les deux séances suivantes, lors de leur explicitation, il découvre que sans porter attention à sa tête, il a perçu les sensations de tension qui immédiatement lui font relever sa tête sans qu’il prenne la décision explicite de le faire.

·       L’explicitation des deux séances suivantes met en évidence qu’il en arrive à percevoir les tensions et sa tête qui se remet en place spontanément sans qu’il en prenne la décision.  

Une connexion s’est réalisée entre l’information consciente qu’il perçoit et l’action corrective qu’elle génère sans que cette action soit explicitement activée par un signal conscient qui donne une position appropriée. Une connexion se crée immédiatement entre la sensation et le réflexe décisionnel de remettre la tête en place, sans passer par un traitement rationnel mais qui est cependant conscient des événements qui donne à la tête une position harmonieuse.

·       Dans la suite, il s’aperçoit que lorsqu’il perçoit la tête, il ne perçoit pas les pieds. A la suite des deux explicitations des deux séances suivantes, il voit et perçoit les deux en même temps. Lors de la deuxième de ces relectures, il énonce avec étonnement, qu’il voit au moment de l’explicitation qu’il se regarde dans le miroir quand il danse, et qu’il a la mémoire de ce il a vu mais dont il ne s’est pas servi sur le moment pour modifier son mouvement. Cette mémoire lui permet de se représenter, grâce à cette image, la manière dont son corps était : ce qu’il n’avait pas pu percevoir en dansant. (Cette expérience est similaire à la perception corporelle ressenti par la relecture des événements apparus pendant la vision de la vidéo du gorille). La perception récupérée au moment de l’explicitation, donc, dans l’après coup de l’action, donnera, lors de la prochaine danse, la possibilité de se voir en action et donc de corriger ce qui est à corriger.



Dans les situations de jeunes en grande hostilité ou en difficulté avec l’adulte et les règles du groupe, la conduite répétée d’entretien d’explicitation produit les mêmes phénomènes de perception d’événements vécus mais pas mémorisés. La succession des explicitations d’événements quotidiens construit des compétences d’acceptation de l’autorité et d’adaptabilité aux contraintes de la vie sociale. Seulement, dans leur situation de « révolte », la démarche demande un peu plus de temps car la volonté d’apprendre n’est pas spontanément présente chez les jeunes en rupture avec l’adulte. Dans un premier temps, il faut d’abord créer une alliance avec le désir de grandir, pour ensuite avoir l’acceptation de la démarche et alors seulement commencer la construction des compétences et  qu’ensuite, adviennent les effets bénéfiques dans la consolidation de leur identité personnelle avec à la clef, une insertion équilibrée dans le groupe.



L’accompagnement d’une interprète en langue des signes met en évidence les mêmes phénomènes que ceux apparus chez le danseur. En quelques séances d’explicitation après des séquences d’action d’interprétariat, l’interprète commence à percevoir au début de façon différenciée, successive donc pas dans le même temps, la parole du locuteur, le retard qu’elle prend sur la traduction pour saisir le sens de la phrase, les opérations de mémorisation des mots et du sens à traduire en se les disant ou en les visualisant pour définir ce  qu’il faut qu’elle traduise, tout en entendant ce qui est en train de se dire par le locuteur qui continue de parler. Et durant le temps où elle fait tout cela, elle traduit le sens mémorisé qu’elle a à exposer au public. Au début tout cela se fait dans des opérations consécutives. A la suite de deux séances par niveau de traitement (ici 10 séances car 5 niveaux différents de traitement), la perception de tous ces niveaux de traitement ainsi que les actions qu’ils engagent se font en même temps.



Ce phénomène d’ajustement des actions de façon spontanée et implicite à la réalité de vie ( quelle qu’elle soit) à la suite de l’explicitation des actions vécues, proviendrait du fait que par l’explicitation, il se créerait, spontanément et sans s’en apercevoir, des connexions permettant d’être dans l’action en même temps qu’en état d’éveil, conscient de soi en acte. La démarche d’explicitation permettrait la conscience simultanée des perceptions obtenues dans l’action par les sens mis en éveil par les connaissances acquises (comportement habituels), par les connaissances des différents impératifs de l’action qui les transforment en informations psychosomatiques lorsqu’il y a un combat masqué perdu. Ces différents niveaux de conscience arrivent sans effort et tout seul du fait du fonctionnement propre du cerveau, ce qui diminue l’effort demandé à la volonté dans les situations d’apprentissage ou de correction de comportements.

La conscience acquise par la démarche d’explicitation apporte des informations permettant à l’acteur de prendre ses décisions, libéré de l’emprise totale des objectifs contraints, de ses pulsions, passions, émotions. En effet, à la suite de quelques séances, il est en mesure de clairement choisir de les suivre ou ne de pas les agir et d’en assumer les conséquences. La personne se dégagerait ainsi de la souffrance de Médée ou de celle de Paul de Tarse l’exprimant de la sorte : « je fais ce que je ne veux pas et je ne fais pas ce que je veux, qui me libèrera de ce corps qui me voue à la mort ». Par le fait même, elle sortirait de la domination de l’inconscient freudien parce que l’activité de ce dernier lui adviendrait à la conscience lui donnant le choix d’agir en fonction de ses importants et objectifs.

 Ce travail de mise à disposition de cette "conscience actrice implicite" est le moteur de toute rééducation pour les enfants, les jeunes et les adultes en souffrance. A l’âge adulte, l’explicitation favorise la conscience des différents niveaux de traitement explicites et implicites. Cette conscience conduit alors à réaliser des actions ajustées en toute situation.

Il est à noter que le travail de prise de conscience est très difficile à faire seul. Les questions de l’accompagnateur utilisant les quatre étapes de l’explicitation des micros processus décisionnels crée une mise en travail dans le cerveau ce qui n’est pas possible de faire seul, sauf à se poser explicitement des questions.

Le fonctionnement de l’acteur implicite

L’analyse du fonctionnement de l’acte décision-action implicite est semblable à l’acte ou décision explicite : le centre d’action perçoit des informations avec les sens, il les mets en relation avec un objectif à atteindre (compter les passes, informer que cela n’est plus possible, faire un mouvement harmonieux, replacer sa tête de façon appropriée, entendre , mémoriser et traduire fidèlement) qu’il poursuit de sorte à produire une action. Toutes les actions (explicites et implicites) sont conscientes lorsque l’acteur de tous les actes qu’il réalise en même temps, perçoit clairement les informations qui en sont le moteur. Les actions réagies sont des réflexes ou des comportements hors du champ de la conscience lorsque leur acteur ne traite pas en conscience les informations que son cerveau traite. Ce phénomène apparaît dans les situations d’effet tunnel dans lequel un objectif interdit la prise en compte des informations que le cerveau traite, dans les situations d’apprentissage de débutant où les informations sont polarisées sur l’attention particulière de réaliser un geste spécifique, dans les situations de comportements addictifs dans lesquels les personnes disent que « c’est plus fort qu’elle », dans les actions ou comportements agis par les mécanismes de défense freudien (lapsus, déplacement). Il en résulterait que l’inconscient de la psychanalyse ne serait autre que l’activité du cerveau déterminée par des objectifs non mis en conscient par le sujet quelle que soit l’origine de l’objectif qui les contraints. Une mise en conscience de cette activité au moment de l’action par l’explicitation libère de leur déterminisme inconscient. Il en serait ainsi grâce aux questions posées lors de l’explicitation. En effet, elles sont toujours actives et présentes au moment de l’action. De par leur présence active, elles invitent l’acteur à prendre conscience de ce qui se passe au moment même où il agit. Parce qu’il perçoit, il peut décider librement.



Comment agit l’explicitation des micros processus décisionnels.

La première démarche invite à exprimer le déroulé des événements qui se sont passés dans la séquence d’actions évoquée.

Cette question invite donc à ramener à la mémoire des événements dans un ordre chronologique et de façon très précise. Pour accéder à cette précision, le guide de la relecture ne laissera aucun espace flou ou imprécis sans une question de sa part qui signifie à son interlocuteur en cet endroit il y a un vide de représentation. Son objectif n’est pas de combler le vide, mais bien d’inviter la mémoire à faire un effort de rappel. Si ce rappel n’est pas obtenu, cela n’est pas important car l’objectif de la question est de stimuler la mémoire. Cette stimulation crée un accroissement de la perception des événements explicites et implicites. C’est lors de cette première étape qu’est apparu la perception au niveau du plexus. Elle est donc primordiale pour développer à la conscience à soi.

La deuxième étape consiste à prendre les verbes d’actions du récit et de poser la question : « en faisant telle action vous faites quoi ? » Cette question ouvre à la conscience de l’action car elle peut être énoncée dans le récit mais sans une prise de conscience de la forme de l’action-décision réalisée. La personne a pu raconter dans son récit « j’ai dit à l’enfant : "mets le couvert ! " ». C’est bien l’expression d’une décision mais cette expression ne fait pas apparaître que cette action- décision est un ordre qui induit une mise en défense ou un rejet ». Ces questions donnent la conscience d’être acteur à tous les instants d’une séquence.

Les questions concernant l’explicitation des forme d’action, sont suivies d’un autre type de questions : « en faisant ce que vous venez de dire vous faites quoi d’autre ? ».  Par exemple quand le spectateur se voit en action de compter les passes, il lui est demandé « vous faites quoi à la perception du plexus ? » L’étonnement et la découverte qu’il élimine l’information accroit la capacité de l’acteur à rendre explicite ce qui est perçu et qui est resté implicite.

Une troisième étape approfondit la capacité de prendre en compte tous les éléments de la situation. Ce sont ces questions qui éliminent les effets implicites et dominateurs de l’inconscient ou de l’implicite. Il s’agit de prendre une décision significative et d’en faire expliciter son processus : par exemple quand vous avez éliminé la perception du plexus, vous avez pris en compte quoi ?

Cette question reste souvent sans réponse. Sa fonction est essentiellement celle d’ouvrir la conscience à la prise en compte de toutes les perceptions au moment de l’action car elle va rester active et réapparaîtra très facilement au moment de l’action.

La force de l’explicitation se trouve dans les questions et non dans les réponses. En effet, il est clairement constaté le fait suivant : une question posée dans une séance qui n’a pas reçue de réponse franche, la question reste présente après la séance, soit elle revient à l’esprit au moment des actions, soit, lors de la séance suivante, l’interviewé y répond car elle l’a rendu plus présente à son action. La question a fait son travail elle construit la présence à soi.



En conclusion
L’explicitation créerait par ses questions des nœuds décisionnels composés d’une part de la conservation psychique de l’auteur de la question et de la question qui est un objet cognitif très actif et très facilement activable du fait entre autres par le fait qu’elle soit restée sans réponse. Il se créerait autour de cette question et de son auteur un noyau de sens irrationnel qui a valeur de référentiel personnel. La question devient une composante affective dans l’action qui polarise les attitudes du sujet acteur. Elle crée un lien de présence et d’affection développant une puissance d’action affective disponible et toujours prêt à être activé dans l’immédiateté de l’action et sans référence explicite.



[1] L’action-décision est contraignante dans l’état de non conscience à soi. Cela advient par exemple dans les phénomènes de lapsus et dans les situations dans lesquelles Freud a constaté que des patents disent faire et font des actions non volontaires et contraire à leur bon vouloir. De là il en conclut la présence des mécanismes de défense et  la notion d’inconscient agissant voire contraignant.
[2] La vidéo du gorille est une expérience pour mettre en évidence le fait que lorsqu’un spectateur est dirigé par un objectif fort, il ne lui est pas possible de percevoir les événements qui se passent dans le film. La vidéo représente deux équipes de basketteurs. Il est demandé aux spectateurs de compter les passes qu’ils se font. Pendant qu’ils jouent, un gorille énorme traverse, s’arrête au milieu de la vidéo. Il empêche ainsi de voir les joueurs et leurs passes. Puis il poursuit sa route. Le spectateur centré sur l’objectif de compter les passes ne le voit pas !!!!

mardi 31 mars 2020

confinements une aide pour le quotidien


MC2R

Laboratoire européen de la décision


Robert Michit Docteur en Psychologie sociale





Points de réflexion pour ceux qui en auraient besoin après plusieurs appels d’accompagnants en présence de personnes en perte d’équilibre dans leur quotidien confiné.

Le confinement oblige les personnes à se retrouver dans un endroit clos sans possibilité d’échappatoire. Dans ces conditions, l’expérience à la fois des ermites et de la psychologie expérimentale met en lumière que les gens peuvent perdre rapidement les repères temporels. Il s’en suit une forme de désorientation dans laquelle il y a une perte de mémoire immédiate, une perte de la succession des jours de la semaine.

Il est important de créer des points de repère pour rappeler aux personnes leur ancrage dans le temps qui est la base de la force d’espérance ( Eric Erikson).

Le risque est grand de dépression, d’agressivité sur les proches, voire de violence pour apaiser le stress que produit cette perte de sens de vie.

Les points de repères se trouvent dans l’organisation de la journée avec des activités alternées entre le sommeil/veille, détente, l’activité manuelle productive, et les activités sociales (les relations par téléphone, les jeux ou quelques temps de film). L’équilibre des trois formes d’activités devrait être stricte. Se fixer des heures de lever, de coucher, et des heures pour contrôler la durée des activités et avoir un rappel sonore pour changer.

Pour soi même si on n’est plus au travail et pour les autres nous avons à nous soutenir. 

Bon courage le glissement se fait subrepticement quand on s’en aperçoit c’est déjà un peu tard pour récupérer l’énergie de vie.

jeudi 8 août 2019

la clinique de l'action


Robert Michit Aout 2019

En tant que thérapeute, consultant en entreprise, formateurs, éducateurs et accompagnant de couples et parents trois problématiques mettent en difficultés les pratiques d’aides

·       La première surgit lors de la rencontre d’enfants, d’adolescents et d’adultes qui sont pris dans une impossibilité de faire ce qu’ils savent devoir faire et ne le font pas[1] que ce soit pour leur bien-être (dormir, se nourrir, se détendre), pour réaliser une activité manuelle/technique[2] ou relationnelle[3].

o   Dans ces situations, les personnes développent un conflit intra psychique qui produit de la souffrance liée au sentiment de ne pas pouvoir se libérer de la force qui les empêche de réaliser leur volonté (c’est plus fort que moi). Toutefois, c’est dans ce conflit que réside la force et la dynamique du changement. L‘accompagnement pourra s’appuyer sur cette dynamique.

·       La seconde née lors de la rencontre de personnes qui ne se rendent pas compte que leurs actions sont inappropriées à la situation de vie. La problématique semble assez récente[4].

o   N’ayant pas la possibilité de se représenter actrices, elles sont continuellement en écart avec les attitudes attendues ; elles n’en souffrent pas. Par contre, elles font souffrir les autres et elles sont toujours étonnées de leurs réactions et évaluations. Elles ne peuvent pas s’engager dans un changement personnel car elles attribuent aux autres ou à l’environnement la responsabilité des écarts à l’attendu de leurs actions. Pour leur faire découvrir qu’elles sont actrices de leur action, il convient de faire décrire le déroulement précis des événements dans lesquels sont parti prenantes. Il faudra cependant parfois utiliser une schématisation très concrète du récit pour qu’elles puissent s’y voir en jeu. Si leur attitude ne s’est pas enkystée dans une réactivité paranoïaque, la pratique bien que laborieuse apporte rapidement des résultats quant à l’ajustement de leur quotidien.

·       La troisième surgit lors de rencontre avec des personnes qui décident et énoncent clairement vouloir rester liées à une pratique, un produit, une idéologie ou une personne[5] parce qu’elle procure des cadeaux, des récompenses virtuelles et une identité symbolique. Découvrir les logiques de dépendance comportementale propres aux renforcements positifs que la personne a utilisées pour assujettir ses adeptes ne permet pas de modifier les comportements de ces derniers. Dans les situations d’addiction aux jeux vidéo la problématique est particulièrement exemplaire et claire.

o   La force de ce lien d’assujettissement, réside dans le fait que le jeu a inversé la hiérarchie des perceptions : la richesse virtuelle est plus importante que la richesse concrète ; l’addicte sera prêt à acheter des richesses virtuelles[6] et à se ruiner et voler ses proches pour un gain de plaisir virtuel. La richesse symbolique (appartenance à un groupe) devient plus forte que la richesse réelle concrète, à partir du moment où une grande richesse réelle est potentiellement accessible. Percevoir qu’elle n’est atteignable que pour, au maximum, un deux cent millionième[7] de joueurs ne réduit pas sa force d’attraction qui réside dans le fait qu’elle est toujours imaginée possible pour soi.

o   Mettre en évidence - par le raisonnement et le système de valeurs - le fait que la pratique du jeu enrichit réellement le concepteur importe peu du moment qu’il enrichit de cadeaux virtuels la vie du joueur.

·       Les situations dans lesquelles le symbolique devient plus fort que le réel interrogent encore plus fortement la manière d’aider la sortie des pratiques d’addiction à un produit par lesquelles l’individu, n’arrive plus à avoir accès au réel et donc ne peut plus prendre de décisions ajustées aussi bien en ce qui concerne son bien être biologique et sa santé, que son activité professionnelle ou productive, que sa situation sociale ayant perdu les relations avec les autres proches et plus lointains.

Quelle que soit la typologie de la problématique, il existe une constante invariante pour les personnes : elles sont actrices de leurs comportements.

En conséquence, pour que l’accompagnant puisse entrer en relation d’aide auprès de ces personnes, il faut qu’il connaisse précisément quelle est structure de leurs actions.

Ainsi pour la clinique de l’action quatre étapes sont nécessaires : connaître la structure d’une action, comprendre le processus de sa création, évaluer sa pertinence au regard des éléments des situations et apporter des outils pour l’ajuster, le cas échéant.

Pour comprendre et pratiquer cette clinique, il est donc nécessaire d’approfondir deux questions suivantes :

Qu’est-ce qu’une action en situation d’actions ?

Que faut-il faire pour qu’une action soit ajustée à la situation sans que l’ajustement soit mesuré à l’aulne d’un système de valorisation ou de référence de l’évaluateur qu’il soit l’acteur lui-même ou l’observateur ?

Qu’est-ce qu’une action en situation d’actions ?




Premier constat : l’action est l’essence de la vie humaine.

Il n’existe aucune existence de vivant et a fortiori d’existence humaine sans action.

Les plantes sont sans cesse en action, elles se nourrissent et même dans le repos de l’hiver une activité minimale existe. Les animaux sont sans cesse en activité, pour se nourrir, se protéger et pour jouer pour les plus évolués.

Les humains réalisent les mêmes activités que les animaux, ils y rajoutent les activités de créativité et d’inventivité technique et sociale. L’humain est donc acteur de sa santé, de sa vie de production et de ses relations sociales mais aussi de tous ses mécanismes de défense (Freud A. 1949). Même quand nous disons ne rien faire, nous agissons. Dans le but de se reposer, on arrête de produire. Dans le but de ne pas envenimer une relation, ne rien faire c’est renoncer à agir. Et c’est ainsi pour toutes les situations où il est dit que rien n’est fait. C’est pourquoi il est facile de demander à celui qui dit : « je n’ai rien fait » ; « en ne faisant rien tu as fait quoi ? ». La surprise est totale mais l’effet de représentation est tout aussi étonnant : « j’ai fait tout ça… ! »

Ce constat est le fondement de la clinique de l’action. Il montre que toutes activités du quotidien, toutes les attitudes, celles qui mettent en place de mécanisme de défense, celles qui sont la conséquence d’altération psychique ou de maladie mentale, sont toutes et chacune le fruit d’une séquence de plusieurs actions réalisées concomitamment[8] dans l’immédiateté du temps.



Une séquence d’action est une suite de décisions-actions.

Nous rappelons qu’une séquence d’actions - quelle que soit la nature de son objectif  [9] - est constituée d’une suite logique de micros décisions-actions. Ces dernières sont des actions réalisées à la suite de la prise en compte d’un ensemble d’informations mises en lien avec un système de valorisation qui définit une hiérarchisation d’importants à respecter.

Exemple : lorsqu’une personne entend une critique de son attitude, immédiatement se produit, quelle que soit la personne, la même suite de décisions-actions : elle évoque des situations se rapportant à la critique, fait référence à un système de normes, construit une justification de son attitude et énonce ou retient sa réaction en fonction des enjeux de la situation. 

Ces micros actions surgissent dans un temps inférieur au centième de seconde. Elles sont soit des comportements réactifs, soit des actions précises sans conscience[10], soit des décisions clairement conscientes. Les émotions relèvent toutes d’un de ces types de décision-action. Leur spécificité relève du fait que le micro processus décisionnel qui est à leur origine présente une élaboration très primitive.

Dans une séance de délibération qui conduit à la prise de décision ou à une résolution à mettre en œuvre, l’ensemble des événements lors de cette séance fonctionne sur le même schéma, chaque acte est un ensemble de micros actes d’action ou de pensée structurés selon les mêmes micros processus décisionnels.



Toute décision-action procède d’un micro processus décisionnel

Dans un premier temps, du fait de son organisme sensoriel réalisant l’interface avec l’environnement, quel que soit l’individu et quelle que soit la situation, lorsqu’il agit une décision-action, juste avant de l’agir, il prend en compte des éléments de la situation.

Du fait de l’empan cognitif qui limite la quantité des informations à traiter autour de sept par la mémoire à court terme, il ne peut en prendre en compte que deux. Ces toutes premières perceptions sensorielles vont avoir une importance capitale dans la suite du déroulement du micro processus décisionnel. Ces perceptions explicitement prises en compte sont souvent dirigées par l’objectif que l’individu suit ou qui lui a été donné[11]. Dans le cas d’une surprise, c’est le type de surprise et l’expérience qui sélectionne les informations prises en compte. Ce tri des perceptions est en partie à l’origine des biais cognitifs et des écarts dans le résultat final apparent.

Dans un deuxième temps, et ce temps est crucial, grâce à l’expertise accumulée au cours des expériences précédentes, l’acteur a acquis des "structures d’invariants" propres à chaque ensemble de deux perceptions. Ces constantes propres à chaque type de situation, lui permettent d’inférer la loi/ou la structure de la situation qui se présente à lui, avec toutes ses propriétés. Plus l’expérience est grande plus la loi/structure de situation sera précise, juste et efficace.

Par exemple lorsque vous voyez un verre quel que soit l’angle de vue sous lequel, on vous le présente (angle de vue qui limite les éléments de perception), vous inférez immédiatement que c’est un verre avec ses propriétés de verre. Vous ne pouvez pas, cependant, connaître avec précision les motifs de décorations qui en ferait sa spécificité, mais ces motifs ne sont importants que dans la situation où l’objectif serait d’en connaître la teneur.

Un archéologue qui découvre un morceau de poterie sera plus capable d’en imaginer la forme d’origine et ses propriétés qu’un néophyte.

Un expert en jeu d’échec ou de go, peut à la vue des éléments perçus en déduire l’état de la partie. Qu’un élément insolite vienne s’inviter dans le jeu, il est alors totalement déstabilisé.

Un grand nombre des actions qui sont en écarts à l’attendu révèle un défaut dans la faculté de percevoir la loi de situation présente avec ses invariants, ses constantes universelles, sa structure et ses propriétés.

La force d’un expert ou d’une bonne décision n’est pas dans le grand nombre d’information pris en compte mais dans le peu d’informations structurantes.    



Dans un troisième temps, comme toute situation psychosociale est nécessairement prise entre plusieurs enjeux[12], l’acteur-décideur doit les discerner, afin d’en définir une hiérarchie particulière. Cette hiérarchie peut être déjà opérante lors de la saisie des deux premières perceptions, elle s’affine par la connaissance des moyens que l’acteur possède et maitrise pour atteindre l’objectif que cette hiérarchie aura défini.

Exemple dans les relations humaines de jeu ou de lutte, les moyens à disposition des protagonistes seront utilisés en fonction des perceptions de l’adversaire et modifieront la hiérarchie des enjeux passant de la volonté de dominer à celle de fuir selon les forces en présences et leur inégalité.

C’est seulement qu’ayant pris en compte ces 7 éléments (deux perceptions, la loi de situation, le moyen à mettre en œuvre et les trois enjeux) que l’acteur peut déclencher une micro décision-action efficace. S’il ne possède pas la capacité de prendre en compte ces 7 informations, la décision-action ne sera pas ajustée.

Ce traitement des informations est opéré dans un temps inférieur au centième de seconde. Chacune de ces décisions-actions sont cause de la réussite ou l’écart d’une action. Autrement dit une de ces micro décision-actions en écart à la logique de l’action met en échec le résultat de l’action désirée ou décidée dans le temps de la délibération (ou mise en acte dans le temps de la surprise).

Cette structure des actions en séquence de décisions-actions, elles-mêmes fruit des micros processus décisionnels permet d’énoncer qu’il est alors possible de renforcer ou de développer les capacités d’actions en travaillant au niveau des micros processus décisionnels.



Quelles que soient les situations, chez un individu, toute décision-action qu’il agit, relève de la même puissance de son micro processus décisionnel.

Les études montrent (Michit H et R 1998) que les micros processus décisionnels relèvent de seulement trois types ; ceux qui traitent les informations concernant la possibilité de se donner, de l’énergie, du bien être et de la détente. Ils répondent au potentiel d’action lié à l’identité de pourvoyeur de soi. Ceux qui traitent les informations concernant les activités de production domestique et en entreprise. Ils répondent au potentiel d’action lié à l’identité d’exécutant. Ceux qui traitent les informations propres aux relations avec les autres dont la différence peut déranger mais aussi apporter du plaisir. Ils répondent au potentiel d’action lié à l’identité de sociale.

En conséquence, la cause de toutes les altérations psychiques ou celle des comportements inappropriées et déviants relève de la structure et de la force du micro processus décisionnels qui ne serait pas ajusté aux caractéristiques des situations d’action selon ces trois grands champs identitaires.

Que faut-il faire pour qu’une action soit ou devienne ajustée à la situation sans que l’ajustement soit mesuré à l’aulne d’un système de valorisation ou de référence de l’évaluateur qu’il soit l’acteur lui-même ou l’observateur ?


Pour un thérapeute, un consultant en entreprise ou en relation d’aide, un coach ou un éducateur, la découverte dans les micro processus décisionnel de la phase qui est en carence, permet de construire de façon précise et méticuleuse des interventions au niveau même de la carence observée. Donc pour agir, il doit accéder avant tout à la connaissance de la construction particulière des actions-décisions en situation, puis à celle du miro processus décisionnel en question.



La technique pour connaitre les lieux de carence et pour renforcer la puissance du micro processus décisionnel.

L’entretien d’explicitation des processus décisionnel (Michit 1997) représente une des techniques la plus élaborée à ce jour pour accéder à cette profondeur des décisions. Il se pratique en quatre étapes.

Le premier récit permet d’incarner l’expression des sentiments, des impressions pour accéder à l’énoncé de situations vécues dans lesquelles ces ressentis ont été expérimentés. Cette première étape est nécessaire pour éviter les interprétions subjectives, diverses et nécessairement fausses car trop dépendantes des systèmes de valorisation de ceux qui les émettent ou de celui qui les reçoit.

Deuxième récit : Quand une situation concrète a pu être identifiée, l’accompagnant aide son interlocut(rice)eur à décrire avec la plus grande précision possible les événements qui se sont déroulés durant l’évènement. Ils obtiennent ainsi une suite de séquences d’actions qu’il s’agit de travailler pour accéder à la logique du processus décisionnel global.

Ce travail est l’objet du troisième récit dans lequel chaque action signifiée par les verbes d’actions utilisé par le narrateur sera caractérisée à l’aide des formes décisionnelles. Cette classification réduit l’immensité des représentations des formes d’actions en quelques formes décisionnelles. Elle facilite la découverte de la logique décisionnelle ainsi que la cohérence entre les décisions d’objectif et les décisions de moyen. IL apparait très souvent que les moyens utilisés pour atteindre les objectifs ne sont pas adaptés. Cette découverte est déjà un premier pas pour accéder à une pratique quotidienne plus adaptée.

Quatrième récit : Ce travail effectué, permettant de découvrir et de renforcer la responsabilité et la fierté de l’acteur, il convient de prendre une ou deux décisions-actions décrites dans le but d’analyser les éléments que le micro processus décisionnel a pris en compte : les perceptions, la loi de situation, les enjeux avec leur hiérarchie et les moyens pris pour agir.   

En même temps que se découvre la structure des actions, se construit le renforcement du potentiel d’action : c’est la spécificité de la clinique de l’action.

Bibliographie

Freud, (A.) (1949), le moi et les mécanismes de défense, Paris, Presse universitaire de France.

Michit, R. (1998) Une méthode d’explicitation des processus décisionnel des individus et des groupes : l’entretien psycho-cognitif, Communication et organisation, n°14 p.233-253

Michit H. R. (1998) Identité psychosociale, diagnostic et renforcement, Grenoble, MC2R,



[1] Cette question traverse les siècles puisque déjà Ovide et Paul de Tarse la pose comme une énigme insurmontable : il existe en moi une loi que je ne comprends pas je fais ce que je ne veux pas…qui me libèrera de ce corps qui me voue à la mort » Paul de Tarse lettre au Romains, ~54 ap JC.
[2]  Cela va des jeunes adultes qui ne savent pas enrouler convenablement un fil électrique ou un tuyau d’arrosage sur un enrouleur, à ceux qui savent ce qu’ils doivent faire mais sont happés par d’autres préoccupations, comme d’autres qui savent qu’il ne faut pas taguer les véhicules du chantier et pourtant le font emportés par leur impulsion et perdent leur emploi.
[3] Combien de relations de couple sont empêchées par ces formes d’impossibilité !
[4] On peut la situer dans l’après-guerre, les années 50-80 lorsque la pratique de l’examen de conscience qui stimule la quête de la représentation de soi en action, disparait comme pratique communément partagée dans la majorité des classes sociales, pour une part lié au fait de l’horreur qu’on pu commettre des humains découvert lors du procès de Nuremberg, et précisément celui d’Eichmann homme ordinaire et banal qui ne s’est pas rendu compte de ce qu’il faisait Arendt H : la banalité du mal), d’autre part c’est le moment de la perte des mœurs coutumiers et hebdomadaires du christianisme populaire. Plus précisément on la voit s’étendre à l’arrivée du RMI (1988) et se renforcer avec la loi de février 2002 sur le travail social. Avec ces deux lois apparaissent les notions de défavorisé et d’ayant droit qui renvoient à l’Etat et à la société la responsabilité des difficultés économiques personnelles.
[5] Le jeune Al.  13 ans, lorsqu’il est interrogé sur ses relations avec le jeu Fornite  - duquel il est addicte au point de passer des nuits blanches pour réaliser les « défis » qui lui permettent d’obtenir des capacités de combats, de taper sa mère et son père avec un grosse canne pour obtenir de l’argent  et des temps de jeu infini(contrôler par le contrôle parental) et de ne pas manger en famille - dit : Donald (interlocuteur dans Fornite) est gentil car il me donne des cadeaux… je préfère être son esclave pour avoir ses cadeaux.
[6] La force du jeu est d’utiliser une cryptomonnaie anonyme Monero pour payer les achats du jeu. Au regard de la réalité, il y a une mise à distance de plus avec la richesse concrète de l’argent quotidien.
[7] En juillet 2019 le nombre de joueurs est estimé à 200 millions.
[8] La simultanéité des actions n’est qu’une apparence du fait de la rapidité de leur apparition. En fait elle s’enchaine chronologiquement selon une logique causale précise.
[9]  Le but a pu être déterminé par une délibération ou par une réactivité dans le cas d’une mise en défense ou dans le cas d’un événement provoquant une surprise.
[10] La différence entre un "comportement" et "une action précise sans conscience", relève du fait que le sujet qui agit un comportement n’est pas en mesure de décrire avec précision ce qui a été à son origine. Alors que pour une action précise sans conscience est non consciente au moment où elle est faite, mais le sujet peut se la rappeler dans un temps différé et en décrire les tenants et aboutissants avec précision. Ce sont par exemple les actions d’experts ou de sportifs de haut niveau qui les font dans l’action sans en avoir la conscience mais peuvent les raconter dans l’après coup.
[11] L’expérience de la vidéo du gorille (internet)montre clairement comment la poursuite d’un objectif (compter le nombre de passes entre les joueurs) lorsqu’il est fixé par le présentateur à ceux qui vont regarder la vidéo, masque la prise en compte du gorille qui prend tout le cadre de perception à un moment donné de la séquence. Sa présence sera même éliminée par une activité du cerveau qui élimine du champ de perception tout ce qui empêche l’atteinte de l’objectif à atteindre. 
[12] La situation psychosociale la plus simple, est une situation qui met en relation deux acteurs qui doivent réaliser une activité en utilisant des outils/moyens. Pour cela chaque acteur doit respecter des règles et procédures. Au minimum trois enjeux sont impérativement à hiérarchiser à tout moment : la réalisation de l’activité selon les règles de l’art, le respect de l’autre et l’attention à sa propre sécurité.